Le Château de Berzé-le-Châtel

Le château de Berzé ou forteresse de Berzé-le-Châtel est un château fort médiéval des Xe siècle, XIIIe siècle, XVe siècle et XIXe siècle de Berzé-le-Châtel en Saône-et-Loire en Bourgogne-Franche-Comté. Il est un des châteaux forts les plus importants et les mieux conservés des châteaux de Bourgogne, et est classé aux monuments historiques depuis le 10 février 1983.

En 991, à la fin de l’empire carolingien et du Royaume de Bourgogne, et au début de la féodalité et de la fondation des Royaume de France, duché de Bourgogne, comté de Mâcon et Abbaye de Cluny, un castrum est attesté sur l’emplacement de cette forteresse, au sommet d’un éperon rocheux militairement stratégique du Moyen Âge, face à la Roche de Solutré. Il domine de façon panoramique, la vallée de la Petite-Grosne, et le vignoble du Mâconnais du vignoble de Bourgogne, au sud du duché de Bourgogne et contrôle entre autres la route entre le comté de Mâcon, et le Morvan du comté de Nevers, et la frontière du Lyonnais (province)…

Elle est chargée entre autres de défendre militairement des invasions vikings et sarrasines dévastatrices, le Royaume de Bourgogne de l’empire carolingien, puis le royaume de France, et l’Abbaye de Cluny voisine, siège de l’ordre de Cluny des États pontificaux, qui règne avec l’Ordre cistercien voisin, sur tout l’occident chrétien.

En 1229, sous le règne de Louis IX, le seigneur Hugues de Berzé transforme ce castrum de sa seigneurie en forteresse, avec une vaste enceinte polygonale constituée de trois murailles défensives successives, sur plus de 300 m de long, et plus de 3 m de large à la base, avec chemin de ronde, échauguette, meurtrières, mâchicoulis, hérissées de quatorze tours de fortification à l’origine (treize subsistantes), de deux donjons, d’un imposant châtelet d’entrée du xiie siècle, avec herse et deux pont-levis. Ce dispositif militaire structuré en terrasses, abrite un logis seigneurial, de nombreuses pièces médiévales, deux chapelles carolingiennes du xe siècle, un puits à eau taillé dans le roc de 36 m de profondeur.

Le château fait partie des places militaires stratégiques importantes de la guerre de Cent Ans (1337-1453) entre ducs souverains de l’État bourguignon et Royaume de France de Louis XI, et des guerres de religion entre Henri IV et la Ligue catholique (France) de la seconde moitié du xvie siècle.

Après plusieurs siècles de guerres, Berzé est abandonné durant plus de deux siècles et tombe en ruine. Alphonse de Lamartine cite dans son œuvre littéraire « Tantôt éclairé par un rayon de soleil orangé, tantôt du milieu des brouillards, un vieux château en ruines, enveloppé de ses tourelles et de ses tours… »[réf. à confirmer]. Propriétaire résident du château Lamartine, il donne son nom au Val Lamartinien dominé par le château. Il est entièrement restauré à partir de 1817, durant 30 ans, par Antonin Gérentet en château de villégiature, adapté aux conceptions esthétiques romantiques de l’époque, avec agrandissement des ouvertures et fenêtres en style néo-gothique, rénovation des logis seigneuriaux laissés à l’abandon depuis 1591, et aménagement des nombreuses terrasses en jardins potager, vergers, et jardin à la française.

Le château est à ce jour habité par la comtesse de Thy de Milly, dont la famille a hérité d’Antonin Gérentet, et qui exploite un domaine viticole, au milieu des coteaux couverts de vigne du vignoble du Mâconnais. Il est ouvert à la visite de juin à septembre.

L’une des plus anciennes représentations figurées de ce château est un dessin réalisé en 1849 par Rousselot, inspecteur des Forêts (volume conservé à l’Académie de Mâcon).

  • 991 : existence attestée dans le cartulaire de l’Abbaye de Cluny (Castrum Bertiacum) d’une forteresse autour d’une chapelle préromane, succédant sans doute à un poste de légionnaires romains et tenue par Geoffroy de Berzé.
  • XIIe siècle : extinction de la première lignée des Berzé, dont le nom et titre est repris par une famille alliée.
  • 1196 : les seigneurs de Berzé deviennent indépendants du comté de Mâcon, et directement vassaux des rois de France.
  • 1320 : extinction de la deuxième lignée de Berzé.
  • XIVe siècle : par mariage, la seigneurie de Berzé passe, successivement, à Jean de Frolois, Jean de Thil (connétable de Bourgogne), Édouard de Beaujeu (seigneurie de Beaujeu) et Jacques de Savoie, prince de Morée.
  • Début XVe siècle : pris par les Bourguignons, le château est repris par les Armagnacs.
  • 1424 : il est repris par le duc de Bourgogne Philippe le Bon.
  • 1436 : Philippe le Bon en fait don à son écuyer et vassal Macé de Rochebaron, à la suite de son mariage avec sa fille Philipote de Bourgogne.
  • 1471 : il résiste avec le duc de Bourgogne Charles le Téméraire aux troupes de Louis XI.
  • 1591 : il capitule devant le duc Charles-Emmanuel de Savoie-Nemours, à la tête des armées de la Ligue catholique.
  • 1594 : la seigneurie est érigée en comté par Henri IV, et transmise au duc Antoine d’Aumont, neveu et héritier des Rochebaron.
  • 1713 : en ruine, le domaine est vendu par le petit-fils du précédent à Alexandre-Antoine Michon (château de Pierreclos).
  • 1789 : à la Révolution française, en ruine, le château est confisqué à titre de Bien national et pillé.
  • 1802 : le château est racheté par la famille Michon de Pierreclos (château de Pierreclos) qui s’en sépare six ans plus tard.
  • 1817 : rachat du château par Antonin Gérentet qui entreprend la reconstruction des logements seigneuriaux laissés à l’abandon depuis 1591 ; l’édifice est adapté aux conceptions esthétiques romantiques.
  • 1873 : le château est légué par Antonin Gérentet à son gendre, Gabriel de Thy de Milly, dont les descendants sont les actuels propriétaires.
  • 2005 : le nombre de visiteurs est de 10 377 (données : Comité régional du tourisme).