La vouivre

La cavalcade de la VIVRE ou GUIVRE

Tous les vingt ans, revient le grand théâtre de la Vivre (une Guivre est un serpent monstrueux).

La scène occupe tout le village et les Couchois sont les acteurs.
De tous les coins du Département, une cohue de spectateurs déferle sur le pays. Le soir met fin au fantastique spectacle et le rideau de la nuit tombe sur un triomphe : celui d’une population totalement rassemblée autour de sa légende.

La bête apocalyptique couchoise, en léthargie depuis 20 ans, s’est réveillée dans son antre des breux. Alors, à l’appel du vieux Sapience, tous les couchois se mobilisent. Sous la conduite de l’échevin Carthieux, au son enchanteur de la flûte du magicien Demaizière, un cortège de cavaliers, d’archers, et de coutiliers, armés jusqu’aux dents, vont charmer l’affreux dragon et le promener à travers le pays enchaîné dans une musique envoûtante. Puis la monstrueuse bête pharamine sera conduite au gigantesque brasier de la Creuse pour y être brûlée.

Des chars merveilleux descendent à travers le village, traînés par des bœufs, escortés des Couchois en tenue médiévale. L’extraordinaire cavalcade, se fraye un passage dans une fouche étouffante : le char de l’imprimerie, de la dîme, de la galère, du taillandier, la taverne et ses fileuses etc….

La vivre ouvre une gueule à dévorer une vache, ses dents sont grosses comme des pointes de pioche montoise, ses yeux lancent des éclairs d’électricité, sa gueule crache une bave parfumée.

Cependant, le bûcher épargnera la vivre hilare et trop belle, ainsi que son magicien. Repue de tant de succès, elle s’est endormie à nouveau, pour vingt ans.

Mais bientôt en 2008 elle réapparaîtra pour dévorer les mesquines querelles et son nouveau réveil sonnera, une fois de plus, le grand rassemblement de la légende et de l’amitié.

Extrait de “Un Echo du terroir” Couches en Bourgogne par Jean GADANT