Histoire(s) de la Bourgogne

Au Moyen-Age, d’après le Larousse et différentes autres sources, nous apprenons que la BOURGOGNE est une des plus belles régions de France, aux confins du Bassin-Parisien et des plaines de la Saône et du Massif Central ! En doutions-nous ??

Notre Province correspond tout à fait à cette description laconique et, même si les campagnes sont quelques peu ” mangées ” au profit des villes qui s’étendent de plus en plus, il n’y a qu’à entrer un peu dans les contreforts du Morvan, sur les coteaux vignerons pour retrouver l’atmosphère d’antan et le doux chant de la terre bourguignonne.

Allons enfants de la Bourgogne !!! Nous sommes fiers d’être de ta bonne terre…

Il suffit également de pénétrer dans quelques intérieurs où se trouvent encore quelques vieilles armoires bourguignonnes sur lesquelles, bien souvent se trouvent gravée la date du mariage de ceux qui la possédaient et l’avaient reçue en cadeau de noces, pour se faire une idée de ce qui faisait ” la maison de nos grands-mères ” on y sent encore, la bonne odeur de cuisine d’autrefois, un je ne sais quoi d’indéfinissable, de dentelles gaufrées pour les bonnets que blanchissaient les femmes de nos campagnes. On y sent encore l’odeur du feu de bois, on y palpe le temps qui passe et s’envole… Alors, le présent, l’avenir, pour ne plus laisser place qu’au bonheur de l’instant, disparaissent et l’on se retrouve dans nos racines, intactes, qui attendent sagement que nous les disciplinions…

Intérieur bourguignon de jadis

La BOURGOGNE repose sur cinq Départements : La Côte d’Or – l’Ain – La Saône et Loire – et des fragments de l’Aube et de l’Yonne. Son passé est essentiellement historique et nous allons rapidement le survoler..

Au 6ème siècle, GONDEBAUD organise un royaume BURGOND qui devient ” La Bourgogne ” …

En 534 les Francs acquièrent ce royaume qu’ils se partagent.

En 561 naissance d’un second royaume BURGOND

Et fin du 6ème siècle : L’État est important face à la NEUSTRIE (Normandie et Île de France) et l’AUSTRASIE (Les pays du Sud). Le pouvoir appartient à l’Évêque d’AUTUN tout puissant qui se nomme Léger et deviendra plus tard ” Saint Léger ” après son trépas et sa canonisation.

En 771, la Bourgogne est annexée au Royaume de France par CHARLEMAGNE qui n’est pas encore devenu Empereur (en l’an 800).

En 843, le Traité de VERDUN où la Bourgogne Franque donne naissance au Duché de Bourgogne et est donné à Charles le Chauve tandis que Lothaire reçoit la Bourgogne Impériale.

La Bourgogne aux XIV et XV èmes siècles est devenue telle qu’ont dû la connaître nos aïeux.

Son évolution économique croît en liaison avec les domaines septentrionaux des Ducs tout puissants. Philippe le Hardi se considère comme l’un des grands Feudataires (possesseur de Fiefs ou terres) du Royaume de France et il étale sa puissance.

Des compagnies de routiers et d’écorcheurs sèment la terreur dans la population et mettent le pays en ruine avec la complicité des bâtards de France.

Cette période où Jeanne d’Arc “la pucelle de Lorraine” défend les intérêts du roi Charles VII est une des plus terribles que supportera notre Province écrasée d’impôts et de rançons que leur font subir ces “suppôts de Satan” formés en véritables compagnies de plus de dix mille hommes. C’est dire leur écrasante supériorité face à nos pauvres paysans sans défense autre que leurs fourches et haches de fer.

La guerre entre Bourguignons menée par Jean Sans Peur (fils de PHILIPPE LE HARDI) et les Armagnacs (Charles le Mauvais) mène à la ruine encore plus accrue du pays déjà si blessé.

En 1477 l’échec de CHARLES LE TÉMÉRAIRE et sa mort devant NANCY où il est venu lutter contre René d’ANJOU Duc de Lorraine, entraînent l’écroulement des Etats bourguignons et Louis XI s’empare du Duché.

En 1482, son annexion à la France est reconnue par le Traité d’Arras. La Bourgogne faisait ses premiers pas dans l’Histoire de la France.

Les villages aussi bien dans notre Province, que d’ailleurs dans toutes les parties du Royaume de France étaient très hiérarchisés avec ses Maîtres, propriétaires aisés qui fournissaient aux manants emplois et nourriture et menaient d’une poigne de fer les communautés villageoises : “Il n’y a qu’un seul homme qui ” soit ” déclare un cahier rural : il tient tous les journaliers qui sont sous sa domination, donne ce qu’il veut par jour à ces derniers et c’est bien peu … !”

Les Administrateurs royaux avaient reconnu que dans ce pays “de labour, il n’y a que deux ou trois fermiers aisés, desquels les habitants dépendent”.

On les voyait ces fermiers, tenir plusieurs centaines d’hectares, commander valets de charrue, filles de ferme, domestiques et journaliers…

On le constate, nos aïeux devaient lutter, supporter le poids des droits seigneuriaux et redevances diverses sans compter les corvées obligatoires telles que : dîme – taille – gabelle- dixième – vingtième – glandée – cens etc… que d’impôts disparates qui se sont poursuivis jusqu’à la Révolution Française qui en amena cependant bien d’autres !!!

Mais certains beaucoup plus malin trouvèrent un biais pour contourner les lois féodales et se mirent en COMMUNAUTÉ familiale ou agricole ou de métiers… Mais cela reste une autre histoire…

Vive la Bourgogne !!

Sources : Larousse – Histoire de France LAROUSSE Tome 1 – Échos du passé (revue trimestrielle association Les Amis du Dardon) “le temps des écorcheurs de Bourgogne” n° 45 1980 – texte et aquarelle de M.Arnold Tétard.